Crypto-actifs dans la trésorerie d'une société : ce que change le cadre MiCA (et pourquoi nous le déconseillons)
Le règlement européen MiCA a fait évoluer le cadre réglementaire des crypto-actifs en 2025-2026. Ça ne rend pas pour autant les crypto-actifs pertinents dans la trésorerie d'une PME.
Le règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets) a réorganisé la supervision des prestataires de services sur crypto-actifs, avec un basculement des acteurs enregistrés PSAN en France vers un agrément européen unique (CASP), sous supervision conjointe de l'AMF et de l'ACPR. Le régime transitoire pour les PSAN déjà enregistrés s'achève au 1er juillet 2026. Cette clarification réglementaire est réelle. Elle ne change rien à notre position sur la place des crypto-actifs dans une trésorerie d'entreprise.
Ce que MiCA a effectivement amélioré
- ▸Un cadre de conservation et de ségrégation des actifs clients mieux régulé qu'auparavant.
- ▸Des exigences de fonds propres et de gouvernance pour les prestataires, graduées selon les services offerts.
- ▸Un passeport européen unique, remplaçant une mosaïque de régimes nationaux.
Ce que ça ne résout pas
- 01La volatilité reste structurelle : des variations de -30 % à -50 % en quelques mois sont documentées à plusieurs reprises dans l'historique des principaux crypto-actifs, incompatibles avec une trésorerie qui doit rester mobilisable à tout moment.
- 02La comptabilisation en France traite les crypto-actifs détenus par une société comme des actifs spéculatifs, avec des règles de dépréciation qui n'offrent pas la lisibilité d'un placement financier classique au bilan.
- 03La fiscalité à l'IS reste celle d'un produit financier ordinaire au moment de la cession, sans régime de faveur particulier — celui parfois évoqué pour les crypto-actifs ne concerne que les particuliers, sous conditions.
- 04Aucun rendement intrinsèque : contrairement à une obligation ou un fonds euro, un crypto-actif ne verse rien tant qu'il n'est pas cédé. Toute la thèse repose sur la variation de son prix.